Le premier festival International de la Photographie Culinaire

Une belle brochette de photographes
Ce soir-là à Paris, jeudi 12 novembre 2009, il y avait foule pour la remise des prix de ce tout nouveau festival.

Mais pour une fois, ce sont les photographes qui se laissaient photographier (et leurs sourires un peu contraints montraient bien qu'ils préfèrent se retrouver de l'autre côté de l'appareil).

Un Festival de la Photographie ? Oui, mais d'un genre un peu particulier puisqu'il s'agit de rendre hommage à l'un des secteurs de la photographie qui s'est le plus développé ces dernières années, avec l'engouement général pour la gastronomie, les livres de recettes, les blogs et les cours de cuisine : la photographie culinaire.


Le thème de ce premier Festival proposé aux photographes était : « Poissons, coquillages et crustacés ».

Il fut traité effectivement de mille et une manières, des plus classiques aux plus métaphoriques.

Du poissonnier de Rungis pris sur le vif au caddy vide installé dans la  lumière d'aquarium d'un sous-sol…





Coupe de champagne à la main, savourons quelques images et picorons quelques interviews.

 

« La photographie culinaire, ce n'est pas uniquement un produit dans une assiette »


Dans la foule, un homme de grande taille semble connaître tout le monde, saluer, organiser : c'est J-P. Stéphan, le président du Festival. Ecoutons-le…
« Ce que j'ai voulu montrer en organisant ce festival, c'est que la photographie culinaire ce n'est pas uniquement un produit dans une assiette, c'est le produit de l'étal à l'assiette. La photo peut être anthropologique lors d'un reportage à Rungis, s'attacher à dresser le portrait des chefs, capter des gestes, magnifier le produit cru ou travaillé. Elle peut-être symbolique, humoristique… Il y a plein d'expressions et de sensibilités qui s'expriment et c'est ce qui fait la richesse de la photographie culinaire. »


Quelques conversations  avec quatre des photographes dont les travaux ont été présentés confirmeront cet avis.

 

« Les poissons sont un patrimoine en danger et cela nous regarde tous.
Voilà ce que j'ai cherché à montrer en mettant ce clin d'œil dans toutes mes compositions… »


En haut d'une volée de marches, un poisson pané nous fait de l'œil… serait-ce l'un des exemples du courant humoristique de la photographie culinaire ?

Quelques questions au photographe, Gérard Cambon, précisent ses intentions. Le sujet proposé l'a plutôt amené à réfléchir sur la pêche intensive, la raréfaction des espèces. A travers ses images, toutes trois ponctués d'un œil, il propose aussi au public de s'interroger sur les conséquences de sa consommation.

Voilà une catégorie à ajouter à la liste de Jean-Pierre Stéphan : la photographie culinaire engagée.



L'œil dans le colin. www.gerardcambon.net/

 







« Quand on me dit que mes photos mettent l'eau à la bouche, je suis ravi »


Pierre François Couderc
est un photographe heureux : il vient de recevoir le prix du public, décerné par les visiteurs (et les internautes) de l'exposition des 37 photographes participant au concours, à Bercy Village et sur le site du festival : www.festivalphotoculinaire.com/

 

« Trouver la bonne distance, c'est ce qu'il y a de plus difficile. Moi j'aime rentrer dans l'image, faire rentrer les gens dans l'image, leur mettre l'assiette sous le nez qu'ils aient presque l'impression de sentir les arômes, les effluves… Ce doit être parce que je suis très gourmand !»

 

« Je préfère qu'on aille chercher l'image plutôt que l'imposer… »


Pierre François Couderc discute justement avec Sophie Rolland, qui vient, elle,  d'être couronnée par le Grand Prix de la Photographie du Patrimoine Gastronomique, décerné par une dizaine de sénateurs et parlementaires (souvent amateurs de bonne chère comme on le sait…).

 

Elle a travaillé avec le chef Ronan Kervarrec, du Zest, à Monaco, « le plat arrivait, on le photographiait tout de suite. » Pas de trucage, donc. Sur ses images, chaque petit chef d'œuvre culinaire devient un bijou précieux, dans l'écrin de ce noir velouté. Rappelant sa longue expérience dans l'univers du luxe.

 

 

 







« J'ai toujours voulu sortir la cuisine de la cuisine, tourner le dos à la nostalgie, créer des images neuves, inédites. »


Mathilde de l'Ecotais est celle dont le nom marquera cette première édition du Festival puisqu'elle remporte le Grand Prix du Festival. Son travail explore des voies innovantes, étonnantes, parfois proches de l'abstraction,  d'une poésie formelle qui rappelle la magie de certaines photographies scientifiques. Elle donne à rêver…

Cette première édition, riche en parcours gourmands à travers les restaurants et les lieux, galeries, show-rooms etc., proposant expositions, rencontres, ateliers, conférences, se positionne d'emblée comme un événement incontournable pour faire le point sur les tendances en photographie.

 

Rendez-vous l'année prochaine, donc !

 

 

LE PALMARES 2009

 

 

Le Premier Festival International de la Photographie Culinaire s'est déroulé du 6 au 15 novembre 2009. 12 galeries d'art, 17 restaurants, boutiques, librairies et hôtels, 3 ateliers culinaires et 4 écoles (photographie, arts appliqués, restauration) y ont collaboré avec succès.

Grand Prix du Festival : Mathilde de l'Ecotais, photographe d'Alain Ducasse et aujourd'hui de Thierry Marx.
Prix du Public : Pierre François Couderc
Grand Prix de la Photographie du Patrimoine Gastronomique : Sophie Rolland
Prix des Jeunes Talents : Charlotte Orholary, apprentie photographe, et Romain Dobovsek, apprenti cuisinier.

 

QUELQUES LIENS UTILES


Le site du Festival International de la Photographie Culinaire, sur lequel vous pourrez découvrir tous les travaux des photographes participant au concours : www.festivalphotoculinaire.com


Les sites des photographes rencontrés pour cet article :
Gérard Cambon, l'amateur de sens : www.gerardcambon.net/
Pierre-François Couderc, le sensuel : pfcouderc.com/photos-culinaires/
Sophie Rolland, et son sens du luxe : www.sophierolland.com/
Mathilde de l'Ecotais, l'encensée : www.mathildedelecotais.com/

Les Recettes
espritSiemens

Chercher
une recette

 

À lire aussi dans la même rubrique

Menus de réveillon en toute simplicité4 façons de mettre de la lumière dans votre assietteLes enfants ont des rêves de chefs étoilés